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Mardi 18 décembre 2007

"Trois remèdes pour sauver le Parti Socialiste" par Arnaud Montebourg

6 décembre

Inutile de nous mentir : nos militants nous quittent, quand ce ne sont pas nos élus ou nos dirigeants ; la crédibilité et l’autorité de la direction est effondrée ; sur tous les sujets, des positions contradictoires apparaissent entre une multitude de locuteurs, lorsqu’elles ne changent pas d’une semaine sur l’autre.

Quand on questionne un électeur du Parti socialiste, il répond souvent qu’il va voter socialiste la mort dans l’âme parce qu’il ne peut pas faire autrement, mais ils semblent de moins en moins nombreux à vouloir faire cet effort.

Quand on questionne n’importe quel dirigeant socialiste sur cette multifracturation du corps du Parti socialiste, il répond qu’il veut bien travailler avec d’autres, à condition qu’il n’y ait ni untel ni untel, c’est-à-dire souvent tous les autres... Que faire pour sauver le Parti socialiste et avec lui, offrir au pays une alternative politique sérieuse au sarkozysme ?

Premier remède : nous débarrasser du virus de la présidentielle qui détruit le parti.

Pour éviter que le PS soit pris en otage par les légitimes ambitions des présidentiables, il faut organiser la sélection du candidat socialiste dans des primaires à l’italienne, avec le peuple de gauche, à l’extérieur du parti selon un calendrier et des règles, dont le parti sera le garant.

Dans une telle configuration, nous devrions ainsi faire l’économie de nouvelles batailles rangées pour la conquête du parti entre les futures écuries, dont les positions seront artificiellement opposées pour les besoins de leur combat.

Une telle résolution nous évitera une interminable primaire pendant quatre ans, funeste guerre intérieure, match épuisant que nous avons connu dans le parti entre 2002 et 2007 qui empêcha toute émergence d’orientation nouvelle, et consomma le peu d’énergie rénovatrice qui restait aux militants.

Dans ce cadre épuré, le Parti socialiste pourra remettre en état de marche ses fonctions vitales aujourd’hui sinistrées : fabrication des idées, écoute de la société, rassemblement des forces et des citoyens autour de son projet et... opposition constructive et percutante !

Deuxième remède : restaurer l’autorité de la direction et du futur Premier secrétaire.

Ce dernier, garant de la réussite de la primaire à l’égard de toute la gauche, devra accepter l’incompatibilité déontologique avec le statut de candidat à la primaire, disposant ainsi d’une autorité restaurée et incontestée sur le processus de rassemblement de toute la gauche.

On comprend dans une telle configuration pourquoi le passage au système de représentation majoritaire dans le Parti socialiste au détriment de la proportionnelle qui permet l’expression des différences, serait inutile et dangereux, car il empêcherait à la fois le rassemblement des socialistes et l’élargissement du Parti socialiste à un grand parti de toutes les gauches, agrégeant les forces situées sur sa droite et sur sa gauche. Ceux qui proposent de passer au système majoritaire pour être prétendument en phase avec la Vème République prennent le risque grave de faire éclater le Parti socialiste en le sectarisant dans le champ politique des gauches.

Troisième remède : organiser notre mutation dans le dépassement de nos anciens désaccords.

La stigmatisation réciproque des socialistes par d’autres socialistes est aussi creuse que néfaste. On se qualifie réciproquement d’archaïque ou de social-libéral dans des procès qui n’ont plus de sens, car la société dans son évolution rapide a périmé la pertinence de ce genre d’empoignades.

L’éloignement du Parti socialiste à l’égard des perdants de la mondialisation, qui subissent l’insoutenable pression libérale sur les revenus de leur travail et perdent tout espoir dans l’avenir, est une constante de tous les partis du centre gauche au sein de l’Union européenne.

La montée dans tous les pays européens d’un scepticisme à l’égard de la réussite économique de l’intégration Européenne, l’incapacité des gauches européennes à assumer une révolution intellectuelle sur la nature et la portée des protections que couches populaires et classes moyennes attendent d’elles, l’absence de pensée et de stratégie sur la question identitaire de la Nation, ou sur le difficile problème de l’immigration, dessinent la nécessité d’un nouveau projet. Le directeur de la Fondation Ebert du SPD, Ernst Hillebrand, pose lui-même dans ces termes ce qu’il appelle "l’incontournable réorientation de la gauche européenne" en constatant que "les projets de réformisme technocratique -style "troisième voie" ou "nouveau centre"- ne sont plus capables de mobiliser suffisamment d’électeurs."

Ce nouveau projet sera le déclencheur d’une recomposition importante dans la Gauche française, et en son cœur, le Parti socialiste, rangeant dans les placards du passé les clivages éculés, entre la première et deuxième gauche (Congrès de Metz et Rennes) ou épuisants, entre le oui et le non (Congrès de Dijon et du Mans).

Les échecs électoraux nous obligent, pour gagner, à réviser réciproquement de nombreuses positions pour faire travailler ensemble la gauche et la droite d’une même gauche.

Ainsi en est-il par exemple de la révolution écologique qui se prépare, elle réconciliera les protectionnistes et les croyants internationalistes du libre-échange dans l’exigence d’une puissante régulation environnementale de la mondialisation, qui sera certainement le premier retournement sérieux depuis le début du mouvement de dérégulation initié dans les années 80 par Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Cette nouvelle gauche française d’esprit européen aura à imaginer les nouvelles règles du jeu que les Etats ont renoncé à imposer à l’économie, et que les droites néolibérales européennes, tout à leur dogmatisme, seront incapables de proposer. Elle réconciliera également les conservateurs de l’Etat Providence avec les modernisateurs en dégageant une nouvelle donne économique et financière pour organiser son sauvetage là où les droites en assurent le démantèlement méthodique.

Cette audace intellectuelle et politique est le seul chemin possible vers l’alternance. Il supposera de grands sacrifices pour chacun d’entre nous, car chaque socialiste que nous sommes, sera conduit à aller vers autrui, avec qui il a pris l’habitude de ne plus s’entendre.

Mais j’ai l’intime conviction qu’ils sont la voie du salut commun.

Arnaud MONTEBOURG

Député socialiste de Saône et Loire

Par Secrétaire
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Mardi 18 décembre 2007
 

Sarkozy/Bruni : "On va avoir la saison 1, la saison 2, la saison 3..."

NOUVELOBS.COM | 18.12.2007 | 18:36

Le porte-parole du Parti socialiste critique "la mise en scène" de la vie sentimentale du président de la République, et s'attend à des rebondissements sur le mode des séries américaines.

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à Disneyland Paris

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à Disneyland Paris (DR)

Le député Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, s'en est pris mardi 18 décembre à "la mise en scène" de la liaison entre Nicolas Sarkozy et la chanteuse Carla Bruni, craignant que, comme pour séries américaines, la vie sentimentale du chef de l'Etat ne donne lieu à de multiples rebondissements: "On va avoir la saison 1, la saison 2, la saison 3, si j'ai bien compris", a-t-il déclaré sur i-Télé.
"La vie sentimentale du président de la République peut être mouvementée, c'est son droit, c'est sa vie et je n'ai aucun jugement à porter là-dessus mais je voudrais qu'on sépare les choses", a dit Julien Dray.

Il ne pourra plus "venir après se plaindre"

Le député de l'Essonne a souligné qu'avant son divorce avec Cécilia, Nicolas Sarkozy avait lui-même "expliqué qu'il voulait qu'on lui laisse la paix. Il voulait séparer la vie privée de la vie publique".
Faisant remarquer que "quand on va à Disneyland un samedi soir il y a peu de chances qu'on passe inaperçu", Julien Dray a estimé que le chef de l'Etat ne pourra pas "venir après se plaindre, comme il l'a fait dans l'affaire précédente, en disant 'laissez-moi tranquille, laissez-moi vivre ma vie'".
"On peut donner les éléments élémentaires de sa vie mais mettre en scène ces choses-là.... on va avoir la saison 1, la saison 2, la saison 3, si j'ai bien compris". "En même temps, c'est vrai c'est un beau conte...", a tout de même estimé Julien Dray.

Un "conte de Noël à petit budget"

Du côté du front national, Marine Le Pen a estimé mardi que la liaison entre le président de la République et Carla Bruni était un "conte de Noël à petit budget". "Ca a peut-être vocation à faire oublier les problèmes du pouvoir d'achat, à faire oublier Kadhafi... C'est une pauvre manoeuvre de communication", a déclaré la vice-présidente exécutive du FN, sur Canal+.
Elle a accusé le chef de l'Etat de "naviguer" avec "des coups politiques, des coups médiatiques, de multiples propositions qui s'annulent les unes les autres", comme le fait d'annoncer successivement une hausse du pouvoir d'achat basée sur "les heures supplémentaires", puis "la suppression" des 35 heures, "ce qui ruine la première mesure".
Par Secrétaire - Publié dans : Articles de presse
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Mardi 18 décembre 2007

070505-100jours-sapin.jpg Projet de loi relatif au pouvoir d’achat : les retraités, les chômeurs, les salariés précaires, sont une nouvelle fois les grands oubliés de ce projet de loi

Le projet de loi relatif au pouvoir d’achat, aujourd’hui présenté au conseil des Ministres, ne pourra répondre aux aspirations de nos concitoyens et permettre une augmentation de leur niveau de vie.

Ce projet ne contient d’abord aucune disposition sur les petites retraites et les minima sociaux.

Les dispositions prévues sont ensuite toutes limitées dans le temps, plafonnées dans leur montant, et surtout, soumises à la bonne volonté des seuls employeurs.

Le déblocage anticipé de la participation est un fusil à un coup qui ne fait que de distribuer plutôt un argent que les salariés ont déjà. Ce qui ce fera aujourd’hui ne se fera pas demain.

La possibilité de monétiser les jours de RTT est limitée au stock de 2007, plafonnée à dix jours, et soumise au bon vouloir patronal. Ce dispositif a par ailleurs déjà fait la preuve de sa faible efficacité.

La prime défiscalisée dans les entreprises de moins de 50 salariés dépendra totalement de la volonté des chefs d’entreprises et risque d’être utilisée pour recycler les augmentations de salaires qui serait intervenues.

À l’instar du dispositif sur les heures supplémentaires voté cet été, ces mesurettes ne contribueront pas à revaloriser le pouvoir d’achat des salariés en l’absence d’une reprise de la croissance.

Il est frappant de constater que les retraités, les chômeurs, et les salariés qui subissent  la précarité (temps partiels, contrats précaires…) sont une nouvelle fois les grands oubliés de ce projet de loi, aucune de ses dispositions ne les concernant.

Le Parti socialiste met enfin en garde le gouvernement contre sa tentation, dans la foulée du débat sur ce texte, de revenir sur la durée légale du travail. Il rappelle qu’une telle évolution, rejetée par toutes les organisations syndicales, se traduirait dans les faits par « travailler plus pour gagner moins».

Communiqué de
Michel Sapin, Secrétaire National à l’économie et à la fiscalité
et d’Alain Vidalies, Secrétaire National aux Entreprises

Par Secrétaire - Publié dans : Expression nationale
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Lundi 17 décembre 2007

Le PS se prononce pour "une économie de marché écologique et sociale"

NOUVELOBS.COM | 15.12.2007 | 16:29

Lors de leur deuxième "forum de la rénovation", les socialistes ont débattus sur la base se prononçant "pour une économie de marché écologique et sociale".

François Hollande (Reuters)

François Hollande (Reuters)

Les socialistes se sont prononcés, samedi 15 décembre, "pour une économie de marché écologique et sociale" lors de leur deuxième "forum de la rénovation" destiné à jeter les bases d'un renouvellement de leur projet après leur défaite du printemps dernier.
C'est un vieux débat que le PS a repris lors de ce forum express de trois heures, aux échanges plutôt convenus. Comme lors du premier forum le 23 novembre à Avignon, la candidate malheureuse à la présidentielle Ségolène Royal et Laurent Fabius brillaient par leur absence. Le maire de Paris Bertrand Delanoë -pendant une heure-, Michel Rocard et François Hollande étaient en revanche présents.

"Un malaise"

Malgré leur expérience du pouvoir depuis 1981, les socialistes n'ont jamais assumé clairement leur acceptation du capitalisme, à la différence des autres partis sociaux-démocrates européens.
Résultat, "les socialistes donnent encore parfois le sentiment d'un malaise et d'une acceptation par défaut seulement des réalités du marché", peut-on lire dans le rapport du député européen Harlem Désir qui a servi de base aux débats.
Ce texte de 35 pages esquisse une révision doctrinale pour "clarifier" la conception socialiste du marché face aux réalités nouvelles de la mondialisation, mais reste dans le flou sur les propositions.
Face à la "domination de la sphère financière" et à la "politique néo-conservatrice" de Nicolas Sarkozy, les socialistes proposent de "réguler" le capitalisme pour "faire rentrer le fleuve dans son lit".
"L'économie de marché, nous l'acceptons, mais nous ne la confondons pas avec le capitalisme et ses évolutions", a résumé François Hollande.

Une approche "pragmatique"

Le rapport préconise une approche "pragmatique" de la régulation de l'économie. "La place du marché et celle de la maîtrise publique doivent pouvoir aller selon les cas et les objectifs poursuivis de 0 à 100%", est-il écrit sans plus de précisions.
Cette position consensuelle destinée à concilier aile gauche et sociaux-démocrates a été jugée insuffisante par certains. "Il faut aller jusqu'au bout du sujet", a estimé Michel Rocard. L'ancien Premier ministre a dénoncé "l'escroquerie intellectuelle" de ceux qui, à droite, se présentent comme "les meilleurs défenseurs des libertés". "Les vrais libéraux, c'est nous", a-t-il lancé, toujours iconoclaste.
Consensus mou? Trois clivages essentiels qui traversent le PS, sur le rôle de l'Etat et la fiscalité, le libre-échange et l'Europe, ont été éludés du forum de samedi.
"Le débat ne va pas s'arrêter aujourd'hui, il va se poursuivre", a promis François Hollande. Les "forums de la rénovation" sont en effet destinés à préparer le congrès que le PS tiendra après les élections municipales de 2008, et le projet de 2012.
Reste que ce travail de réflexion se fait en ordre dispersé, dans les clubs et associations fondés par les présidentiables, ou par les "rénovateurs". "Le PS, c'est le seul instrument politique possible pour permettre l'alternance dans notre pays", a rétorqué le Premier secrétaire. (AP)
Par Secrétaire - Publié dans : Articles de presse
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Dimanche 16 décembre 2007

Pour que le temps de la prison ne soit pas un temps mort

La situation de la condition carcérale en France demeure «une humiliation pour la République», comme l’avait qualifiée le Sénat en 2001.La surpopulation pénale,principalement dans les maisons d’arrêt,persiste.Elle est liée à la politique pénale conduite depuis 2002 qui privilégie l’emprisonnement.

Le nombre des détenus atteint 61 763 personnes au 1er novembre 2007 pour un nombre total de places disponibles de 50 727. Certaines maisons d’arrêt connaissent une surpopulation pénale de 200%. Pareille situation engendre des conditions de vie détestables, et une promiscuité source de récidive. Les conditions de travail des personnels pénitentiaires s’en trouvent rendues plus difficiles.

L’instauration d’un contrôleur général des prisons,requise par nos obligations internationales, ne se révèlera efficace que dans la mesure des moyens mis à sa disposition et de la personnalité du titulaire. Quant à la loi pénitentiaire, dont un projet avait été élaboré par Marylise Lebranchu, sa discussion revêtira une particulière importance.

Pour nous, il ne saurait y avoir de loi pénitentiaire valable que si elle respecte deux impératifs : • Tout détenu est un être humain jouissant de tous les droits de l’homme et, s’il est Français, de tous les droits du citoyen, à la seule exception des droits qui lui ont été retirés par une décision de justice ou des restrictions imposées par l’exigence de la sécurité des personnes et des biens inhérente à la vie carcérale. •Tout détenu est voué à retrouver la société des femmes et des hommes libres.La perspective de sa libération doit être prise en compte à toutes les étapes de la vie carcérale.

Tout condamné à une peine supérieure à un an devrait bénéficier d’un projet pénitentiaire pour que le temps de la prison ne soit pas un temps mort. La lutte contre la récidive requiert en priorité l’humanisation et la transformation de la condition pénitentiaire.

Par Secrétaire de la Section PS de Beaufort-en-Vallée - Publié dans : L'Hebdo des Socialistes
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Samedi 15 décembre 2007
kadhafi.jpg Mathieu Lindon (Libération du 15 décembre)
QUOTIDIEN : samedi 15 décembre 2007
      

Un point positif de la visite du colonel Kadhafi est que, s’il n’était pas venu, on n’aurait jamais su que le sort de son peuple nous tenait tant à cœur, à nous, nos hommes politiques et nos médias. Jusqu’à présent, on ignorait que les opprimés libyens nous préoccupaient : on ne connaît même pas le nom d’un seul Libyen autre que Kadhafi. Sans parler des opposants, aucun patronyme de footballeur ou de rock star n’est parvenu jusqu’à nous. Sont-ce les conditions du voyage qui choquent ? N’y aurait-il rien eu à redire si le tapis avait été un peu moins rouge et le séjour plus court de quarante-huit heures ? Difficile de savoir exactement comment il faut recevoir quelqu’un comme ça. On devrait éditer un «Manuel de savoir-vivre à l’usage de ceux qui invitent des dictateurs», d’autant que c’est justement le genre de gens avec qui il ne faut pas commettre d’impair. Au premier mécontentement, ils vous flanquent un coup de couteau dans le ventre ou dans un contrat. A cet égard, reprocher à Nicolas Sarkozy que sa conduite soit liée à l’argent qu’il compte en tirer pour le pays est de mauvaise foi. Au moins, c’est par sens commercial qu’on met pour Mouammar Kadhafi les petits plats dans les grands, pas par approbation morale. Quand il s’agit de faire des affaires, on ne regarde pas à l’ADN politique. Et tant pis pour ceux qui disent : «Cachez ce Libyen que je ne saurais voir !»

 
 
     
     
 

Qu’est-ce que Kadhafi a de plus ou de moins que les autres dictateurs qu’on reçoit sans histoire ? Lui n’a jamais exprimé sa volonté d’aller buter les Tchétchènes jusque dans les chiottes. Mais Vladimir Poutine et les dirigeants chinois savent se tenir, en visite officielle, ils ne nous font pas honte. Tandis que le colonel ne se donne aucun mal, il est mal rasé, mal habillé, il a une trop grosse voiture, il a réclamé une tente - il ne fait aucun effort. On dirait Gainsbourg dictateur mais on n’attend pas le même look d’un artiste et d’un chef suprême. Il ne faudrait pas que Kadhafi perde son cortège, il a tout à fait le profil du type qui se fait arrêter dans le métro et, pour le coup, il en tâterait, des droits de l’homme. Sinon, on le verrait bien chanter comme le Brésilien de la Belle Hélène, chez Offenbach : «Je suis libyen, j’ai de l’or/[…] et je viens pour que tu me voles/tout ce que là-bas j’ai volé.» On lui prête un côté vulgaire à la Obélix. Il est tombé dans la potion magique - l’argent - quand il était petit et ça fait des siècles qu’il en profite. Il a connu Jacques Chirac tout petit. Il devrait même se méfier car, dans la région, nos amis de trente ans ne finissent pas trop bien, à en juger par Saddam Hussein. Les Américains font la guerre à l’Irak ? On le leur reproche. Les Français font la paix avec la Libye ? On le leur reproche. Quoi faire, alors ? Etre indifférents, sans doute. Ce devrait être dans nos cordes.

Qui, dans une démocratie, peut se permettre de faire la fine bouche devant les clients ? On ne pratique pas le commerce au faciès. Mais c’est comme si Poutine ou Kadhafi étaient des dealers, de gaz ou de pétrole. On est accros à leur came, on ne peut pas s’en passer, c’est notre intérêt de leur parler meilleur. Ils veulent qu’on les respecte pour eux-mêmes et pas juste pour leurs gisements. Et puis les Libyens sont les seuls à nous acheter des Rafale. Se procurer des avions de combat pareils dont personne ne veut, c’est bien la preuve d’intentions pacifiques. Il est vrai aussi qu’ils ne les paient pas cher : un Rafale, c’est combien de rançons d’infirmières bulgares ?

Par Secrétaire de la Section PS de Beaufort-en-Vallée - Publié dans : Articles de presse
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Mercredi 12 décembre 2007
Par Secrétaire de la Section PS de Beaufort-en-Vallée - Publié dans : Vidéos
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Lundi 10 décembre 2007

Point de presse de Pierre Moscovici : La visite du colonel KADHAFI en France

La visite du colonel KADHAFI en France

Les raisons d’une telle visite ?

Le Parti socialiste regrette cette visite. Nous ressentons un véritable malaise. Il y a une forme d’indignité. Pour nous, plus qu’une erreur, cette venue est une faute. L’auteur de cette faute étant le président de la République, Nicolas SARKOZY.
Si on s’interroge pourquoi, nous devons dire que ce n’est pas n’importe quelle visite qui va se dérouler. C’est une visite officielle de 5 jours. En réalité la France, patrie des droits de l’Homme déroule le tapis rouge sous les pieds du colonel KADHAFI et l’accueille en grande pompe.
Nous sommes la première et à ce jour la seule démocratie occidentale à le faire. Le colonel KADHAFI n’est pas allé à Washington, il n’est pas allé à Berlin, ni à Rome ou Madrid. Tout cela n’est pas un hasard.
Pour les tenants du commerce international, tous ces pays ont des relations commerciales fortes avec la Libye. On peut commercer avec ce pays sans lui dérouler le tapis rouge.

Absence de démocratie

Nicolas SARKOZY oublie plusieurs éléments qui caractérisent le régime de KADHAFI. Il y a d’abord l’absence totale de démocratie dans ce pays. L’opposition ne s’exprime pas, si ce n’est des rapports contradictoires au sein de la même famille celle de KADHAFI. Les droits de l’Homme y sont quotidiennement bafoués. Je suis président de la Commission sur la libération des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne, incarcérés pendant 8 ans et demi en Libye. J’ai encore en tête la manière dont ils ont témoigné et les tortures qu’ils ont subies. Le médecin a eu des paroles extrêmement fortes, en disant qu’ils avaient vécu « l’enfer sur la terre ». Nous n’avons donc aucune raison de penser que ces pratiques ont cessé. Avant de célébrer le libérateur de ces infirmières et de ce médecin, je continue d’abord à condamner celui qui les a fait emprisonner, condamner alors qu’ils étaient innocents, qui les a fait torturer et ne les a libérés que moyennant une contrepartie. Nous connaissons maintenant cette contrepartie qui n’est pas essentiellement financière et de 160 millions de dollars.

Ce qui est déterminant se passe aujourd’hui. C’est la consécration que le président libyen reçoit en venant à Paris. C’est le fait qu’un grand pays comme la France l’adoube, alors que la France est membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

Absence de droits de l‘Homme

L’autre élément que Nicolas SARKOZY oublie : certes la Libye a renoncé au terrorisme, certes elle s’est réintégrée dans la communauté internationale, certes on l’a vue participer à certaines conférences, certes l’embargo a été levé sur les ventes d’armes en 2003 et en 2004, mais il demeure que la condamnation du terrorisme de la part du colonel KADHAFI demeure à géométrie variable. Les propos qu’il a tenus dans une conférence à Lisbonne, sont préoccupants. On ne peut pas dire que le terrorisme est une arme légitime pour les faibles, ce n’est pas exact. La condamnation du terrorisme doit être sans excuse, sans exception, elle doit être totale. Dès lors, on peut être très choqué par cette image au moment où KADHAFI venait d’exprimer ses propos, de voir le président de la République française exprimer son «bonheur» de le recevoir ici. Si c’est cela qui le rend heureux, alors il y a quelques soucis à se faire sur sa définition du bonheur.

La France : une diplomatie de complaisance

Tout cela caractérise une diplomatie qui s’affirme comme une diplomatie de complaisance. Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas SARKOZY a su trouver des accents qu’on pouvait juger heureux. Il insistait sur les droits de l’Homme, il proposait une politique éthique, un changement de discours et une rupture dans la politique internationale. On voit malheureusement Nicolas SARKOZY de plus en plus tourner le dos à ses promesses de campagne. Il a désormais une diplomatie non seulement réaliste, et même hyperréaliste voire cynique. La liste de ses nouveaux amis s’allonge. On a vu qu’il n’hésitait à frayer avec toute une série de régimes mais qu’il est extrêmement silencieux sur toute une série de questions. Même avec les États-Unis. Le coup de fil récent à Vladimir POUTINE était extrêmement choquant et même scandaleux. Comment féliciter le président de la Russie après des élections manifestement truquées, pas dignes d’une démocratie, mais d’une ploutocratie, avec 99 % de participation en Tchétchénie, et 99 % des suffrages pour le parti de POUTINE, cela méritait-il des félicitations ? Cela est tout un symbole.
Voilà pourquoi le Parti socialiste exprime sa réprobation. Voilà pourquoi nous regrettons que le président KADHAFI ait été invité à l’Assemblée nationale, symbole révolutionnaire s’il en est, symbole républicain s’il en est, symbole démocratique s’il en est. La place du colonel KADHAFI n’est pas dans les murs de l’Assemblée nationale française. Aucun député socialiste ne se rendra à la réception à l’hôtel de LASSAY qui n’aurait d’ailleurs pas du avoir lieu.

Les revendications du PS à la visite de KADHAFI

Le colonel KADHAFI étant là, ce que nous déplorons, mais nous demandons cependant à Nicolas SARKOZY d’être ferme sur 3 points et nous le jugerons à cela :
- 1°) Nous lui demandons d’être très ferme et très fort sur l’exigence des droits de l’Homme en Libye. La France ne peut pas se contenter de signer quelques contrats, elle ne doit surtout pas oublier ce qu’elle est.

- 2°) Concernant les infirmières bulgares et le médecin d’origine palestinienne, nous ne devons pas oublier que ces femmes et cet homme ont certes été graciés, extradés et libérés, mais que jamais la Libye n’a reconnu leur innocence et que leur jugement de culpabilité n’a pas été rapporté. Il faut que lors de cette visite à Paris, le colonel KADHAFI reconnaisse leur innocence. Nous attendons de Nicolas SARKOZY qu’il évoque ce sujet et qu’il le lui demande, car on ne peut pas se contenter d’obtenir une libération, moyennant des contreparties politiques sans être extrêmement ferme sur leur innocence qui est absolue, reconnue par chacun, sauf par le régime de KADHAFI.

- 3°) La troisième exigence concerne les garanties contre le terrorisme. Nous ne pouvons pas avoir de condamnation du terrorisme à géométrie variable. D’importants contrats de ventes d’armes ou de fournitures nucléaires sont envisagés pour cette venue à Paris. Nous n’avons rien contre le principe d’une logique commerciale, même si cette logique ne peut pas résumer une diplomatie. On ne peut pas être dans une logique qui fasse que le commerce permette de tout oublier. En revanche quand on commerce avec ce genre de pays, on doit exiger des garanties de sécurité. Quand on vent des missiles Milan, des avions Rafales et des centrales nucléaires, on doit s’assurer que l’usage de tout ceci est contrôlé et que tout cela ne peut en aucune façon nourrir le terrorisme.

Le Parti socialiste sera donc très ferme sur ces trois exigences.

Les réactions des membres du gouvernement, Bernard KOUCHNER et RAMA YADE

A cela s’ajoutent des événements internes à la majorité et au gouvernement.
L’attitude de l’UMP peut prêter à sourire. J’observe les « sympathiques » propos de Patrick OLLIER, mais enfin son soutien au régime de KADHAFI est grotesque. Il y a aussi la défense du Premier ministre qui refuse les donneurs de leçons et qui explique que cette visite soit justifiée. Mais il y a aussi les prises de position de certains membres du gouvernement dont Bernard KOUCHNER et surtout RAMA YADE.

Pauvre Bernard KOUCHNER ! On comprend qu’il éprouve un certain malaise. D’ailleurs devant la Commission d’enquête, il y a 2 semaines, il avait déclaré que dans ce métier il fallait savoir « avaler son chapeau ». Il avait déjà témoigné de son malaise face à la situation libyenne. On comprend qu’il soit en désaccord, car on se souvient de Bernard KOUCHNER qui a été un des plus virulent, organisé et méthodique détracteur du régime du colonel KADHAFI. Il l’a dit lui-même, il n’oublie rien et il a raison. Je sais qu’il est l’inventeur du droit d’ingérence et j’imagine à quel point il doit être malheureux de participer à un gouvernement au côté d’un président qui reçoit le colonel KADHAFI. J’ai envie de lui lancer un appel : « Bernard que vas-tu faire dans cette galère ? » Rien, et c’est la preuve que ce gouvernement ne peut en aucun cas être à l’écoute et au diapason des exigences qui ont fondé toute sa vie.

Pour ce qui est de RAMA YADE, ses déclarations sont stupéfiantes. Elles ont plutôt sympathiques car elles font écho à notre propre déclaration et même si elles étaient d’une très grande violence, violence encore plus grande que celle que j’ai utilisée maintenant. Car enfin écrire que « Notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant peut s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits » ou bien « la France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort », voilà des expressions extrêmement fortes. En relisant cela on se pose quelques questions ? Qui a invité cet homme qui n’a pas sa place en France, si ce n’est Nicolas SARKOZY ? Est-ce que RAMA YADE est la Porte-parole d’une organisation des droits de l’Homme ou est-elle membre du gouvernement et si elle en est membre, et dans quel gouvernement ? Qui est-elle ? Quel est son président ? Ces propos sont extrêmement durs, même s’ils ont extrêmement justes. Mais s’ils sont à la fois extrêmement justes et extrêmement durs, ils le sont pour le président de la République, Nicolas SARKOZY.
En outre, cela est aussi extrêmement inconséquent, pour ce qui est du fonctionnement du gouvernement. J’en ai assez de ces ministres comme hier Fadela AMARA trouvait assez « dégueulasse » une certaine politique, d’entendre aujourd’hui RAMA YADE trouver inacceptable une autre politique et qui pratiquent une valse à trois temps. Premier temps, on s’indigne avec une grande force, deuxième temps, on rectifie, on corrige, on se désavoue et troisième temps, on se tait. Nous avons une idée plus haute de la République. La cacophonie ne doit pas être une méthode de gouvernement, car ça ne peut pas fonctionner comme cela.
Alors soit RAMA YADE pense ce qu’elle dit et à l’évidence, elle le pense, et ça veut qu’elle considère qu’elle appartient à un gouvernement et qu’elle obéit à un président, dans lequel les droits de l’Homme sont la cinquième roue du carrosse, dans ce cas elle s’en va. Ce serait la conséquence logique de ses propos. Cela aurait d’ailleurs de la gueule. Mais si elle ne pense pas cela et qu’elle est amenée à se renier alors elle se tait. Car il y a des contradictions qui au fur et à mesure finissent par affaiblir la politique de la France.

L’élection législative partielle du Val d’Oise

C’est un test très intéressant pour le Parti socialiste. La participation a été faible, mais nous nous réjouissons du score de François PUPPONI, qui a confirmé, voire amplifié le score de Dominique STRAUSS-KAHN, lors des élections législatives de juin 2007. Il est en tête. Avec 38,83 % des suffrages, mais l’élection n’est pas jouée. Alors que l’on parle d’un PS inaudible, la gauche est potentiellement majoritaire. Cette élection est donc jouable.
De même à Villiers-le-Bel, c’est pour nous un motif de satisfaction, après les événements qui s’y sont déroulés. Confiance a été faite aux élus socialistes. C’est pour le maire Didier VAILLANT et pour tous les élus sur le terrain, un motif profondément rassurant. Pour autant, rien n’est fait puisqu’il y a un deuxième tour et je manifeste tout le soutien du PS à François PUPPONI. Je souhaite que la gauche sache se rassembler autour de lui et nous appelons à la mobilisation, car il est important que nous puissions largement remporter cette élection.

Par Le Secrétaire de la Section PS de Beaufort-en-Vallée - Publié dans : Informations fédérales
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Dimanche 9 décembre 2007
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Notre prochaine réunion de section aura lieu

le mercredi 16 janvier 2008
à la Maison des Associations
39, rue Royale Place Mauget
(A côté de la Poste, face à la Mairie)
à Corné


L'ordre du jour vous sera communiqué au début du mois de janvier 2008
Par Secrétaire de la Section PS de Beaufort-en-Vallée - Publié dans : Agenda
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Dimanche 9 décembre 2007
Bienvenue à tous,

Le blog de la section vient de voir le jour. C'est une étape importante pour notre section car c'est le début d'une nouvelle forme de communication. 

Notre parti doit se rajeunir, se tourner délibérément vers l'avenir en mettant en commun ses richesses pour mieux les faire connaître, s'ouvrir largement à la société moderne pour devenir un grand parti.

Notre principale préoccupation sera d'agir pour que de nouvelles personnes aient envie de venir nous rejoindre dans la section pour débattre, proposer, décider. Les gens ne doivent plus avoir peur de la politique. Des actions concrètes et crédibles, au plus proche des habitants doivent voir le jour dans nos communes par l'intermédiaire de notre section. Il faut faire la politique par la preuve, donc être sur le terrain, se faire connître.

Pour cela, nous devons nous impliquer davantage en respectant les façons de faire des uns et des autres. Chacun a des talents et doit pouvoir les exprimer. Ce sont nos richesses qui nous tirent vers le haut. Nous allons améliorer notre façon de travailler en décentralisant nos réunions et en nous exprimant encore plus sur des thèmes chers à la gauche et aussi en invitant les sympathisants à participer aux débats.

La création de ce blog doit favoriser le rapprochement avec les populations et notamment les jeunes qui on davantage l'habitude d'utiliser Internet. Ce blog aura pour vocation de stimuler les commentaires des internautes sur les articles qui seront publiés, pour que la démocratie participative se mette en place. La nouvelle génération attend de nous, qu'on lui donne les moyens modernes d'expression.

Bien cordialement.

Jean-Pierre ALEXANDRE - Secrétaire de la Section
Par Secrétaire de la Section PS de Beaufort-en-Vallée - Publié dans : Vie de la section
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